Jutice : Le bijoutier de Nice devant la Cour d’assises

"Stéphane Turk, accusé de meurtre pour avoir tué en 2013 l'un de ses braqueurs, comparaît ce lundi devant la cour d'assises des Alpes-Maritimes. La légitime défense est au cœur des débats.

«Non à la racaille, oui à la mitraille!» Le 16 septembre 2013, cinq jours après que Stéphane Turk eut abattu l'un des braqueurs venus dévaliser sa bijouterie, des manifestants scandent ce slogan sous les fenêtres du palais de justice de Nice, réclamant dans le même temps la démission de Christiane Taubira, la garde des Sceaux de l'époque. Ce jour-là, un millier de personnes s'étaient rassemblées place Masséna pour apporter leur soutien au «bijoutier de Nice». Parmi eux, les élus locaux Éric Ciotti et Christian Estrosi, écharpe tricolore en bandoulière, ou encore des représentants du Front national. «Pour moi, la première victime dans cette affaire, c'est le bijoutier, qui a agi comme un désespéré», avait expliqué le maire de Nice devant les caméras. Créée pour l'occasion, une page Facebook de «soutien au bijoutier de Nice» avait très vite recueilli des milliers de likes, pour culminer aujourd'hui, presque cinq ans après les faits, à plus de 1,3 million de «J'aime». Mais ce lundi matin, et jusqu'au verdict de la cour d'assises des Alpes-Maritimes attendu vendredi, Stéphane Turk, 72 ans, Français d'origine libanaise, sera seul dans le box face aux jurés. Et l'enjeu sera bien celui que pointait déjà Christian Estrosi à l'époque. A-t-il vraiment agi «comme un désespéré» ou, au contraire, tiré de sang-froid?

«Le passager s'est retourné avec le fusil à pompe et à ce moment-là, par instinct, par réaction et pour sauver sa vie, il a tiré en direction de celui qui le braquait»

La légitime défense, que Me Franck De Vita, l'avocat de la défense, va plaider pour obtenir l'acquittement de son client, n'a pas été retenue par l'accusation. Selon elle, elle suppose une riposte proportionnée à une attaque et surtout une riposte simultanée réalisée «devant une atteinte» et «dans le même temps», ou pour interrompre un crime ou un délit. Dès lors qu'elle intervient quand l'agresseur prend la fuite, elle ne peut s'appliquer, explique l'accusation. De fait, ce 11 septembre 2013, quand Anthony Asli, 19 ans, reçoit une balle mortelle dans le dos tirée par le pistolet semi-automatique que Stéphane Turk détenait illégalement - faits pour lesquels il est également poursuivi -, il n'est plus en train de commettre le braquage. Après avoir, avec son complice condamné depuis à dix ans de réclusion criminelle, violemment agressé le bijoutier à l'ouverture du magasin, à 8 h 45, et fait main basse sur l'argent du coffre et les bijoux, les deux malfrats sont en train d'enfourcher leur deux-roues pour s'enfuir.

Stéphane Turk, qui a eu le temps de charger son arme, vient s'agenouiller à l'entrée de sa boutique et tire trois fois en direction du scooter. Selon ses dires, rapportés par son avocat, le premier tir était destiné à neutraliser le véhicule dans le dessein de récupérer ses biens. Le passager du scooter, Anthony Asli, se serait alors retourné et aurait menacé le commerçant, provoquant les deux décharges suivantes, cette fois pour se défendre. «Il a tiré au moment où il a été braqué, plaide Me De Vita. Le passager s'est retourné avec le fusil à pompe et à ce moment-là, par instinct, par réaction et pour sauver sa vie, il a tiré en direction de celui qui le braquait.»"

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Source : Le Figaro

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